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La représentativité socio-professionnelle de nos collectivités

Au moment d’envoyer mon Infolettre mensuelle, celle du mois de Mai, je réalise que nous sommes déjà le 4 juin! D’ordinaire publiée dans la dernière semaine du mois, j’accuse cette fois-ci une bonne semaine de retard. Il est vrai qu’après la campagne électorale des cantonales, et 3 mois passés sans pour ainsi dire mettre les pieds à mon travail, il était important que je me recentre sur mon activité professionnelle : pas facile d’être en même temps un chef d’entreprise (même s’il s’agit d’une TPE), et un élu régional qui essaye d’exercer un mandat actif avec une forte présence sur le terrain.

Combien sommes nous d’entrepreneurs au Conseil Régional d’Aquitaine ? Je ne sais pas. Et du coup, je cherche sur le site du ministère de l’intérieur les catégories socio-professionnelles des élus locaux :

Cela saute aux yeux en regardant ce tableau, nos assemblées territoriales ne sont pas du tout représentatives, d’un point de vue des catégories socio-professionnelles : sur-représentation des catégories dites “supérieures”, sur-représentation des agriculteurs, sous-représentation des ouvriers, employés, retraités, des chômeurs ou des étudiants.

Est-ce un problème ? Certains expliquent que le rejet croissant du système politique chez nos compatriotes est du au manque de représentativité de nos assemblées. Je conçois par exemple qu’un étudiant se sente mal représenté par une assemblée qui n’intègre… aucun étudiant ! Cela alimente l’idée que ces assemblées sont déconnectées de la réalité du terrain. Il y a certainement là une part de vérité.

Mais en fait, il faudrait étudier la représentativité socio-professionnelle d’une assemblées territoriale en fonction de ses compétences. Le Conseil Régional par exemple porte la compétence de développement économique. Il est alors normal que les agriculteurs, artisans, commercants et chefs d’entreprise y soient sur-représentés. Or, ces CSP ne représentent que 9,3% des Conseillers Régionaux. Il est même surprenant de voir que ce ratio est plus élevé pour les Conseillers Généraux… qui n’ont pas la compétence de développement économique !

Il faut donc (en tout cas pour les Conseils Régionaux), moins de cadres et plus d’entrepreneurs chez nos élus. Malheureusement, concilier ces deux activités est particulièrement difficile et c’est ce qui conduit à la professionnalisation des politiques. Le sociologue politiste Daniel Gaxie écrivait en 2000 : « Entrer en politique, c’est se consacrer à temps complet à une nouvelle activité. C’est quitter son milieu d’origine pour investir toute son énergie dans un nouvel univers social soumis à ses lois propres.”

Le drame de cette situation se trouve un peu plus loin dans son livre “La maladie, la vieillesse avancée, ou la mort sont les principales causes d’interruption”.

Espérons que nos parlementaires travailleront un jour à un statut de l’élu qui puisse éviter cette véritable nécrose.

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