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Je ne voterai pas les statuts de Nouvelle Donne

Et j’en suis désolé…

C’est pourtant un processus de co-construction que j’ai souhaité, et pour lequel j’ai donné beaucoup d’énergie pendant plus d’un an, de la co-écriture de la charte à mon retrait du Conseil National Provisoire. Seule une transformation radicale de la manière de considérer l’implication des citoyens peut nous sortir de la crise démocratique et la défiance du politique dans laquelle nous sommes.

Ce processus a été porté par une équipe de volontaires, les « adhérents-architectes », choisis par un jury d’adhérents tirés au sort. Il est facile de reconnaître un « adhérent-architecte » à Nouvelle Donne : il est pâle, amaigri, et a les yeux rouges. J’ai une reconnaissance profonde pour tous ceux qui ont participé à cette équipe, avec beaucoup de talent et de compétences, des qualités éthiques remarquables, et un investissement de temps absolument inouï. Si j’avais imaginé la quantité de travail qu’ils auraient à produire… je n’aurai pas osé leur demander ! Deux mots : Bravo, et merci.

Mais le processus proposé initialement ne s’est finalement pas déroulé. L’idée première était de soumettre les statuts à une Assemblée Générale Extraordinaire des adhérents destinée à discuter et statuer sur des amendements. Au lieu de cela, les adhérents sont appelé à répondre « Oui » ou « Non » à un texte, dont la finalisation a fait l’objet, aux dires de membres du CN Provisoire, « d’accouchement par césarienne » ou de « modes sociocratiques balayés par les accords de couloirs ». C’est une énorme déception et irrespectueux des acteurs eux-mêmes.

Pourquoi un tel épilogue ? Parce nous, dirigeants provisoires de Nouvelle Donne, n’avons pas pris la mesure de l’effort de « transcendance » qu’exige la création d’une forme politique réellement nouvelle. Nous avons péché par manque d’audace, manque de confiance dans les adhérents, et par complaisance et succombons finalement au conservatisme permettant de préserver les égos.

C’est navrant, car si ces statuts contiennent des innovations énormes, uniques dans le champ politiques, ils contiennent également quelques éléments rédhibitoires qui, parce qu’ils sont déjà soumis au vote, feront de Nouvelle Donne un parti comme les autres.

Des innovations énormes

Je ne retiendrai que 3 innovations significatives, même s’il y en a beaucoup plus.

  • La décision par consentement fait son entrée dans les règles de fonctionnement ! C’est une avancée majeure car c’est la volonté affirmée de tenir compte des avis minoritaires pour construire une proposition globale. C’est également un changement d’attitude puisque le consentement implique de sortir des luttes d’opposition (être « pour » ou « contre ») et de s’engager un espace de dialogue et de co-élaboration. Indéniablement, c’est une avancée majeure dans le monde politique !
  • La conciliation : deuxième révolution de ces statuts. Pourquoi est-ce si important ? Parce que la qualité de la relation interpersonnelle est Sans elle, il n’y a pas de projet politique au sens où nous l’entendons. Lorsque nous disons vouloir une société de « liens » plus que de « biens », c’est de cela qu’il s’agit. Cela exige de développer au sein de Nouvelle Donne, ce qu’Edgar Morin appelle la « compréhension intellectuelle » mais également la « compréhension humaine ». Et si « l’explication peut parfois suffire à la compréhension intellectuelle et objective. Elle est toujours insuffisante pour la compréhension humaine. » (voir la page Conciliation).
  • Troisième révolution : l’arrivée d’adhérents sans mandats ou responsabilités particulières dans les instances nationales, par un jury d’autres adhérents tirés au sort. Cette mesure est importante : à elle seule elle ne règle rien, mais elle fait partie des dispositifs permettant de limiter les conflits d’intérêts et les abus de pouvoirs.

Des améliorations nécessaires

Comme toujours, il y a des améliorations nécessaires qui devraient être apportées, et qui pourront vraisemblablement l’être dans le futur. Là encore, j’en cite trois :

  • Des rôles et responsabilités très flous au sein du Bureau National : A quoi servent les secrétaires généraux ? Pourquoi avoir seulement 2 porte-paroles ? Quelle répartition des rôles entre le Président (puisqu’il y a un Président) et les autres membres du BN…
  • Il n’y a finalement pas de « Conseil Scientifique » ou structure équivalente, destinée à porter un regard à long terme sur les évolutions de la société. La raison, légitime, de ce choix, est qu’il appartient à chaque Commission Technique Nationale de traiter à la fois les questions de long terme, et celles de court terme, conformément à la Charte. Bien. Mais cela n’est pas dit, pas écrit, et on connaît la tendance naturelle de l’humain à se préoccuper de l’urgence, de ce qui se présente devant lui, et à ignorer ce qui est plus loin, même si c’est plus important. C’est d’ailleurs ce dont le monde politique souffre depuis des lustres et qui le rend incapable aujourd’hui de changer de modèle, alors que le modèle capitaliste est probablement à bout de souffle. J’attendais plus de réflexion sur ce point et j’espère qu’il pourra être amélioré.
  • Enfin, je souligne une erreur tactique dont les conséquences peuvent être importantes : Dans le cas où le consentement ne peut être obtenu… on opte pour un suffrage majoritaire ! Alors je prends les paris : il n’y aura jamais de consentement ! Le consentement est quelque chose de très exigeant et difficile à obtenir. S’il suffit d’y renoncer pour revenir à ce que tout le monde connaît (le suffrage majoritaire), c’est renoncer d’avance. Il aurait fallu que, dans le cas où un groupe constate l’impossibilité de parvenir au consentement, un vote peut-être organisé mais devra recueillir 2/3 ou 3/5 au minimum des voix.

Des aspects rédhibitoires

Alors pourquoi ne pas voter ces statuts s’ils sont innovants et prometteurs ? Parce qu’ils portent en eux trois graines de leur échec.

  • Les adhérents l’ont choisi… Mais je n’aime toujours pas le tirage au sort ! Je le trouve pertinent à deux conditions : Qu’il ne soit pas précédé d’un appel à candidature, mais qu’il s’applique à tous, et qu’il soit réservé pour la constitution de jury. Or, je lis que le Bureau National procédera à un appel à candidature pour constituer le groupe parmi lesquels seront tirés au sort les adhérents qui choisiront nos représentants au Conseil Citoyen. C’est un non-sens (que nous avons déjà expérimenté aux européennes) qui pervertit totalement le tirage au sort. Pour des contraintes techniques, on transige sur les principes : j’ai déjà vu cela trop souvent dans la première année de Nouvelle Donne. De plus, il y aura très probablement des centaines de candidatures pour participer au Conseil Citoyen. 48 seront tirées au sort parmi lesquelles le jury choisira les 24 heureux élus. A mes yeux, c’est inacceptable. Pour siéger dans un Parlement, je veux pouvoir choisir les personnes sur leurs projets, leurs motivations, leurs idées, et non les tirer au sort. Je ne choisirai jamais le maçon de ma maison par hasard. Je ne choisirai pas les parlementaires de Nouvelle Donne avec un jeu de dés.
  • Deuxième graine d’échec : La non-professionnalisation de la politique fait partie des exigences premières de Nouvelle Donne, et de l’Appel initial. Il aurait d’ailleurs été important de le rappeler dans les principes de l’article 8. Les adhérents, lors de la première consultation, ont très largement voulu un non cumul strict entre mandat électif et fonction exécutive interne au sein du parti. Or, la clause de non cumul entre un mandat électif et un mandat au « Conseil Citoyen » est parfaitement ridicule ! Limitée aux parlementaires et aux membres d’exécutif de collectivités de plus de 100,000 habitants, elle ne concerne actuellement à Nouvelle Donne qu’une seule personne ! Sans une révision de cette clause pour qu’elle touche tout mandat d’exécutif et tout mandat de collectivité de plus de 10,000 habitants, je ne voterai pas les statuts. Quant au Bureau National, c’est pire puisque aucune restriction n’est posée en ce qui concerne la Présidence Collégiale, le porte-parolat, ou le secrétariat général. En fait, les professionnels de la politique à Nouvelle Donne ne pourront avoir qu’une seule place : A la tête de l’exécutif !
  • Troisième graine d’échec : Pour la base, on privilégie le consentement. Mais pour le Bureau National, on reste dans un insupportable classicisme autocratique, très loin de l’idéal initial lorsque j’écrivais pour la conférence de presse de lancement de Nouvelle Donne « Nous avons 1 an pour inventer une manière nouvelle de faire vivre la démocratie ». D’abord, un collège n’est pas un binôme !!! Un collège est « un groupe de personnes partageant une même caractéristique ». Un collège à deux, dont l’un est représentant légal, n’est donc ni un groupe, ni même un binôme dans lequel les deux personnes partagent les mêmes caractéristiques. Nouvelle Donne, bien que ce fût le choix des adhérents, n’aura donc pas de Présidence Collégiale, même si nos statuts osent y faire référence.

    Si le « Conseil Citoyen » est le parlement de Nouvelle Donne, alors pourquoi l’appeler « Conseil » ? Un Conseil par définition ne décide pas. C’est donc bien le Bureau National qui est considéré comme tout puissant, face à un Conseil de pacotille. D’ailleurs, la légitimité du BN à agir pour « toutes les mesures urgentes » est particulièrement inquiétante : 12 mois au sein de l’exécutif de Nouvelle Donne montrent que tout y est toujours urgent.

    Le principe de séparation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif (largement plébiscité par les adhérents) n’est pas respecté non plus puisque le Bureau National est constitué notamment de 9 membres du Conseil Citoyen, qu’aucune procédure de révocation du Bureau National par le Conseil Citoyen n’est prévue, et que le Bureau engage des dépenses, sans même faire référence au budget défini par le CC.

    Bref. On pratique la sociocratie, exigence démocratique, à la base, mais on reste dans le cadre d’un Bureau tout puissant, dirigeant par un Président plébiscité. C’est intolérable.

Conclusion

C’est une responsabilité importante que j’assume en proclamant mon rejet de ces statuts, malgré l’énorme travail réalisé, l’amitié que j’ai pour les auteurs, et les avancées significatives qu’ils contiennent.

Beaucoup m’ont dit « Je suis contre, mais je vais voter pour », pour « donner une chance à Nouvelle Donne », pour « encourager ceux qui y ont travaillé », pour…

Un système peut effectivement s’améliorer lorsque ceux qui en sont à la tête on conscience de leurs propres limites, et cherchent à les dépasser. Or, tout montre que les travaux de finalisation de ces statuts au contraire, intègrent les limites du CN Provisoire actuel et les pérennisent.

Donner une chance à Nouvelle Donne, c’est rejeter ces statuts de manière à forcer que l’on remette le métier sur l’ouvrage. Cela en vaut la peine, parce que nous devons apporter des réponses politiques aux crises actuelles. Ne cédons pas à la complaisance.

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20 comments to Je ne voterai pas les statuts de Nouvelle Donne

  • LIu michel

    a Patrick Beauvillard

    je suis d’accord avec toi. Nouvelle Donne va devenir un parti comme les autres, parce que la dynamique de la démocratie pour tous n’est pas présente dans ces statuts. La structure est hiérarchique, tous les processus sont contrôlés par des canaux officiels, même quand l’initiative vient d’un membre de la base ; auquel on demande de suivre des consignes, de remplir des questionnaires dont il n’a pas participé à l’élaboration, d’exécuter . Il y a trop d’effort de structuration, pas assez de convivialité ni d’exploration de voies nouvelles. Les quelques audaces sont minées par la peur du risque (EX : si pas de consensus alors vote majoritaire).

    La finalité d’entrer dans le jeu politique l’a emporté sur celle d’expérimenter une gouvernance démocratique égalitaire a-hiérarchique.

    • Rajive

      Cher Michel, quelle surprise de vous voir ici.
      Il me semble que vous avez postulé et que vous avez retenu pour faire parti des adhérents-architectes.
      Je suis donc surpris de lire cette critique, d’autant que vous aviez la possibilité de faire entendre votre point de vue autrement.

      Pouvez-vous svp m’expliquer cette contradiction ?

      • michel Liu

        Réponse à Rajive,
        J’ai reçu pour toute réponse de votre part un accusé de réception de ma candidature, j’ai donc participé,contrairement à ce que votre message veut laisser entendre, à la co-construction comme simple adhérent. Mais là n’est pas le problème, nous sommes maintenant devant le résultat qu’il faut évaluer.
        L’architecture choisie se fonde sur le paradigme d’un “Appareil” hiérarchique qui centralise et concentre les initiatives et le pouvoir de décision. Un des traits significatif et symbolique de la méfiance que ce paradigme entretient vis-à vis de la démocratie, est que si un adhérent n’est pas d’accord avec la ligne générale, il se situe ipso facto en dehors et contre l’Appareil.
        J’ai proposé une architecture basée sur le paradigme du “Réseau” fondé en premier sur le débat démocratique pour faire émerger des projets d’avenir partagé. La construction d’une architecture adaptée pour ce projet, vient en second, elle est confié aux membres qui s’engagent dans ce projet. Les échanges et les entraides entre projets, ainsi que les enseignements accumulés par eux étant effectués au sein d’instances fédératives dans une démarche de recherche action.
        Je suis conscient que ce choix implique de préférer travailler à l’avènement d’une gouvernance de démocratie participative en acceptant les risques et les exigences que cela comporte, plutôt que de partir à la conquête du pouvoir dans le système politique existant. Je sais aussi que certains disent que cela n’est pas possible, qu’ils ont essayé et que cela n’a pas marché (cf FrédericLN), je leur répond que je suis triste de leur espoir déçu, mais que pour moi et pour d’autres que je connais, ça marche.

  • Esther

    Patrick, j’ai les mêmes critiques que toi… Je ne crois pas qu’en disant oui, pour avancer, comme le proposent pas mal de personnes, que nous pourrons faire évoluer les fonctionnements dans le sens que nous souhaitions par la suite..

    Merci pour ton texte… Je t’avais demandé sur facebook des explications suite à ta sortie du bureau (Chatterley Epaminondas) et tu n’avais pas répondu. :-(

    J’essaye d’expliciter la situation dans mon CL…

  • Gautier PREAUX

    Salut Patrick,

    J’ai lu avec attention ton message, qui m’éclaire (peut être je me trompe) sur quelques raisons qui t’ont fait t’éloigner de la tête du mouvement. Quelques éléments qui ont pu transparaitre ici ou là dans la presse (même si elle ne parle que rarement de ND).

    Je m’étais étonné de la rapidité entre les deux tours de préparation des statuts, et je crois voir ici que la précipitation a du être imposée. Ce n’est pas une chose que je peux reprocher. Je n’arrive pas à m’impliquer activement dans mon propre département, alors de là à juger des méthodes et des objectifs au dessus… mais voilà, peut être que certains se sentent prisonniers et inutiles quand ils ne sont pas visibles médiatiquement? J’ai toujours été critique vis-a-vis de la Bayroucratie lors de mon précédent engagement politique (une seule personne visible dans les médias pour le Mvt Démocrate). J’espère que Nouvelle Donne ne suit pas cet exemple. Les adhérents et militants n’en voudront pas, je crois.

    Pour revenir sur Nouvelle Donne, je me demandais si, pour toi, ce vote de statuts appelle à un “aveu” d’échec pour qu’un parti politique puisse fonctionner en sociocratie ? Est-ce que cela remettrait en cause ton engagement auprès de Nouvelle Donne?

    Dernier point sur le titre de ton message “je ne voterai pas les statuts” : doit-on comprendre que tu voteras contre ces statuts, ou que tu ne voteras pas du tout? (je comprendrais si tu ne réponds pas à cette dernière question).

    Te souhaitant d’heureuses fêtes de fin d’année en famille,
    Cordialement

    Gautier

  • Merci pour ce témoignage. Les militants convaincus de la *possibilité* de faire vivre des institutions de façon démocratique se heurtent trop souvent, en France au moins, à une forme de scepticisme majoritaire, revenant à dire “pour défendre la liberté, il faut une capacité de décision collective incompatible avec le respect de règles démocratiques”. Et les sceptiques n’ont pas tout à fait tort : pour que des procédures profondément démocratiques (vote de préférence par exemple) fonctionnent, il faut que la grande majorité y soit plus attaché, qu’à la décision elle-même qui en sortira (car ces procédures sont faciles à truquer ou biaiser). Il faut donc une énorme confiance collective, des militants et de la direction, dans la procédure démocratique elle-même, pour accepter d’avance ce qui en sortira.

    En univers professionnel ou associatif, c’est difficile d’obtenir de tels fonctionnements : parfois l’instant d’un brainstorming, d’une formation, d’une crise aigüe où on est “tous dans le même bateau”. Mais ça ne dure guère. Alors, en politique, ça me semble plus difficile encore.

    (Ayant fait une campagne municipale avec les Verts, j’ai expérimenté les dégâts de statuts qui, voulus très démocratiques, donnaient peu de pouvoir pour arbitrer / trancher, ce qui permettait à des vendettas de s’éterniser et de saper ladite campagne. L’échec à l’arrivée pour tous les clans internes qui s’étaient ainsi affrontés.).

    Je reste confiant tout de même. Je vois les petites choses que l’on peut faire parce qu’elles ne blessent personne : par exemple un compte-rendu détaillé de son mandat d’élu, avec les explications de vote, ouvert aux commentaires donc à la discussion. Mais cet exemple ramène à la pratique individuelle. Les pratiques collectives sont plus difficiles encore à bouger.

  • Guillot

    Dans quoi es-tu allé te fourrer !!!! Tirage au sort pour choisir des dirigeants, mais c’est du grand n’importe quoi !!!! Certes, cela a du panache. Les soldats de l’an II choisissez ainsi leurs officiers mais quand ils ont commencé à en prendre plein la G… ils sont revenus aux réalités……………………..

  • Julien

    Patrick
    Je regrette de ne pas avoir connu ton analyse plus tôt. Pour la néophyte que je suis les réponses aux questionnaires étaient très compliquées et j’ai eu du mal à apprécier les enjeux;notre comité local s’est formé à la décision par consentement, a organisé des cafés citoyens mais nous n’avons pas fait de travail collectif sur les statuts, faute de temps.
    J’en mesure l’importance et votre vigilance est essentielle.
    Le projet de société que propose Nouvelle Donne est cohérent et solide;dans le contexte actuel de crise écologique, économique et sociale, il est tout simplement vital.
    Il faut absolument trouver des solutions à cette crise qui nous déstabilise tous.

  • Julien Christine

    ps: je précise, “cette crise” ici est celle interne à nouvelle Donne relayée par le Lien

  • Jean-Luc Minguez

    Bonjour Patrick,

    Comme probablement toi-même, j’ai eu également dans mon parcours à opérer des choix qui m’engageaient autrement à l’égard des autres. Je te livre quelques lignes qui continuent de m’ accompagner depuis quelques années et pourront peut être t’apporter le réconfort d’une certaine re-connaissance.
    “Ce qui est surprenant, c’est que la vraie filiation est d’avoir reçu de ses parents le pouvoir effectif de les quitter à jamais, parce que la conjugalité était et reste première. Autrement dit, mettre au monde, c’est savois se retirer, de telle sorte que les descendants soient capables à leur tour de se retirer. Ainsi, les parents qui, grâce à leur conjugalité, restent dans leur propre génération, ne font peser sur leurs enfants devenus adultes le poids d’une dette de réciprocité: L’enfant n’ a pas à donner en retour aux parents autant d’amour qu’il en a reçu d’eux. Non, l’amour descend de génération en génération, mais ne remonte pas,s’il procède de la loi du désir. Comme le disait un jour Françoise Dolto,” honorer ses parents, c’est très souvent leur tourner le dos et s’en aller en montrant qu’on est devenu un être humain capable de s’assumer.” Philippe Julien: Tu quitteras ton père et ta mère Edition Aubier mars 2000 page 75

  • yves soret

    cher Patrick
    je viens de lire ton texte et en suis fortement étonné ;
    tout d’abord, tu as été, et ce pendant près d’un an , le responsable de la co-construction au sein du bureau national de Nouvelle Donne ; tu as répété de nombreuses fois que nous (les membres du bureau national provisoire) n’avions pas à nous occuper de ce processus, et qu’il fallait faire confiance aux adhérents-architectes ; arrivé presque au terme du processus, tu as démissionné du bureau ; si j’étais mauvaise langue, je pourrais dire que tu as quitté le navire, parce que tu avais l’intuition que ce qu’il allait en sortir ne te conviendrait pas : c’est en effet le cas visiblement ; il eut été plus efficace de rester jusqu’au bout et d’aider à produire des statuts qui puisse t’agréer . Mais tu aurais eu à résoudre plusieurs paradoxes : comment expliquer que tu n’es pas favorable au tirage au sort alors qu’il est plébiscité par les adhérents ? comment organiser une présidence collégiale (aussi approuvé par une majorité) sans satisfaire aux exigences légales (et oui il faut bien un représentant légal); comment faire que le consensus, que je défends aussi, ne sois pas borné par un scrutin majoritaire, si la méthode est arrivée à son terme ? Bien sûr nous avons souffert des difficultés de compréhension des consultations ; sans doute cette méthode de consultation n’était pas la bonne, et que face à son ordinateur, nous ne sommes pas forcément très inventifs ; mais c’est toi qui l’a défendue !
    Je suis d’accord avec toi qu’il semble être donné un rôle supérieur aux 7 élus au suffrage direct , mais le bureau est composé de 9 autres membres, tous issus du conseil citoyen (et qui ne tournent pas tous les ans contrairement à ce qu’écrivent certains)
    Maintenant, ces statuts sont soumis au vote ; sont-ils parfaits ? évidement non (mais des statuts peuvent-ils être parfait ? ) ; peuvent-ils être améliorés : oui et une commission de suivi sera mise en place, ; ils sont en tout cas bien meilleurs que ceux actuellement en vigueur, qui le resteront si le oui ne l’emporte pas : nous devrions encore passer de longs mois pour continuer à co-construire, donc à nous centrer sur nous même, à un moment où il y a tant à faire pour porter nos idées vers les citoyens ; la crise est gigantesque, et je ne suis pas sûr qu’il faille passer tant de temps à l’organisation interne du parti , ce qui d’ailleurs n’intéresse que peu de nos adhérents si on en crois le nombre de participants aux 2 consultations .
    C’est pour ces raisons que je voterai oui aux statuts présentés , pour enfin faire de la politique autrement ; certes le mot autrement est fondamental, mais faire de la politique est notre devoir
    bonnes fêtes de fin d’année
    yves soret
    membre du bureau national provisoire de nouvelle donne

  • Yves,

    Je suis assez fatigué de tout cela, et je ne répondrai pas a chacun de tes points, bien qu’une partie de moi (le polémiste sans doute) en meurt d’envie.

    Pour faire court, je crois que 1) les interventions finales ont fait perdre beaucoup de substances au projet initial. C’est très bien expliqué par un membre du CDR sur le forum. 2) les statuts tels qu’ils sont écrit ne pourront pas empêcher les dérives de fonctionnement du BN que j’ai constaté pendant 12 mois et qui honnêtement sont pour moi simplement inacceptables. 3) et du coup, je crois vraiment que ND sera très vite un parti comme les autres et fait déjà de la politique juste comme tous les autres.

    Pour faire encore plus bref, je n’ai pas (plus) confiance.

    Amicalement,
    Patrick

  • albert Lasala

    bonjour Patrick

    j’avais visionné une vidéo où tu expliquais en quoi ce que tu étais en train faire au sein du parti était innovant ,parce que cela n’existait nul part !
    tu as démissionné en laissant croire que tu ne pouvais pas faire bouger les choses ,laissant croire par là qu’en face il y aurait des gens malhonnêtes ,ce qui n’a pas manqué d’être exploité par de vrais malhonnêtes (rédacteurs du Lien) ,c’est ce que tu voulais ?,si non ,es- tu si naïf ?
    si tu n’as pas confiance c’est d’abord en toi ,à porter sur du temps long un projet difficile, et si ambitieux que tu ne pouvais en ignorer les difficultés.
    Car la vraie analyse que je fais elle n’est pas que politique, c’est celle de toutes ces personnes comme celles du “lien “qui ne supportent pas que leur seule idée soient suivie et traitent les autres d’ignares ou de moutons. Peux penser que dans le parti il y a vraiment des gens qui souhaitent un vrai changement ? si oui ne les as tu pas un peu trahis?
    dommage ,dommage ,moi aussi j’ai cru en toi
    amiclament

    • Bonjour Albert,

      J’ai démissionné effectivement parceque je crois en l’état actuel des choses, impossible (en tout cas pour moi) de faire bouger les choses. Je ne crois pas avoir laissé croire qu’il y avait des gens malhonnêtes. Seulement des écarts entre les dires et les capacités à faire ce que l’on avance. Pas par malhonneteté, mais parceque nous avons tous nos limites personnelles.

      Je ne pense d’ailleurs pas que les auteurs du Lien soient des gens malhonnêtes non plus. Ils sont devenus extrêmement sensibles à ces incohérences entre le dire et les pratiques, et je ne peux pas les en blâmer. En cela, je ne partage pas ton point de vue.

      Mon retrait n’est pas du je crois à la difficulté du défi, mais à la certitude, après maintes discussions et 12 mois de travail au sein du BN, que nous ne partageons pas la même exigence et la même vision sur le fonctionnement d’un parti que se voudrait nouveau et moderne. Et si il n’y a pas d’accord à la tête, je crois effectivement le changement impossible.

      Je comprends ta déception. Crois-moi, la mienne est grande également. Je te remercie pour le ton de ton message.

      Amicalement,
      Patrick

  • Didier Delourme

    Bonjour,
    Moi aussi j’ai voté non. Je ne suis qu’un simple adhérent et ne participe à aucun “groupe”; notre comité local (dans l’Aisne) est très dispersé, nous sommes peu nombreux et nous avons eu très peu de discussions sur les statuts; je me suis forgé une opinion seul et sans influence.
    J’ai participé aux 2 consultations (des usines à gaz, surtout la 1ère) qui m’ont parues mal faites et plus un écran de fumée vu le résultat des statuts, probablement pré-établis par certains. Exemple: Le conseil citoyen comporterait des représentants des adhérents “choisis parmi les adhérents ayant fait acte de candidature. Ils sont choisis par un jury paritaire d’adhérents tirés au sort.” C’est bien dans l’esprit et la pratique de nouvelle donne, mais le conseil citoyen comporterait des représentants “des régions désignés par chacune des régions” sans aucune précision sur leur désignation : nous auront donc des petits chefs locaux qui pourront à leur guise manipuler ou dévoyer le “nouveau parti”, exactement comme dans les partis traditionnels que nous sommes censés dénoncer et combattre.
    Il y a aussi des renvois constant à un règlement intérieur que je ne connais pas, et qui sera établi par … on ne sait pas encore.
    Avec ou sans statuts, l’avenir de nouvelle donne ne sera pas assuré tant que les idées et propositions les plus importantes (déjà existantes) ne seront pas diffusées et reprises par la population de ce pays. Le reste, les petits chefs et les groupuscules sont sans importance, ils n’ont pas d’avenir.
    Bonne année à tous et au 31 janvier !
    Didier Delourme.

  • Lahaye Jean-Paul

    Patrick,

    On ne se connaît pas. je suis nouvel adhérent 67. J’ai vécu la tutelle et la très récente (03/01) conciliation en présence de Pierre et Isabelle A. à Strasbourg (personnellement j’ai apprécié qu’ils se soient déplacés).
    En tant que témoin et impliqué, je puis te dire que les adhérents qui s’opposent au “national” autour d’Isabelle M. sont, sinon malhonnêtes, au moins extrêmement négatifs (“grincheux”), font fuir les adhérents et nous bloquent complétement depuis des mois. Ce pourquoi nous avons formé un groupe pour tenter de reconstruire positivement (et si nécessaire sans eux).

    Par contre, je suis assez d’accord avec ta critique des statuts (que je n’ai pas votés), notamment sur la question du tirage au sort.

    Par ailleurs, j’ai l’impression qu’au sein du BN, comme au niveau des CL, il est difficile de partager si chacun ne se sent pas reconnu. Or, le partage collectif et la reconnaissance individuelle ne sont vraiment pas simples à concilier (question d’ego, notamment, il faut bien le reconnaître).
    Or – et c’est bien légitime – nous avons tous à la fois envie de partager et besoin d’être reconnus. Ne serait-ce que pour voir notre engagement et nos efforts produire des fruits.

    Comment faire face aux frustrations ?
    Se désengager ?
    Devenir vindicatifs et “grincheux” ?
    Deux mauvaises solutions à mon avis… Car, cela aussi, les autres partis savent bien le faire. Comment être différents aussi dans la difficulté de fonctionner ensemble ?

    Nos expériences ne sont pas comparables. Tu as beaucoup plus “donné” que moi.
    Néanmoins, je voudrais te dire : moi aussi, j’ai été tenté de me désengager parce que je ne me sentais pas reconnu. Parce que les faits me donnaient raison, mais que mes amis ne voulaient pas m’entendre. Parce que, selon moi, notre groupe ne portaient pas de fruits. J’ai été tenté de tout arrêter. Et je le serai sans doute encore.
    Quelques collègues adhérents m’ont demandé de rester, car ils avaient besoin de moi, de mon regard et de ma voix. Je suis resté auprès d’eux. J’ai accepté de continuer à donner, selon les qualités qu’ils me reconnaissaient. Du coup, ils ont bien voulu accepter mon regard. j’ai donné de la voix avec eux et nous avons remporté une petite “victoire” face aux “grincheux” lors de la conciliation, sans polémiquer, en privilégiant le positif, la confiance, en communiquant sur des solutions plutôt que sur les problèmes.

    Je ne suis qu’un simple adhérent mais moi aussi j’aimerais que tu restes activement avec nous, que tu continues à partager avec nous pour porter les solutions préconisées par ND.
    Nous avons besoin de quelqu’un comme toi également en interne, pour porter positivement et au plus haut niveau les critiques (justifiées selon moi) que tu adresses aux statuts (qui viennent d’être adoptées à 85% paraît-il) et les transformer en solutions.
    Beaucoup seront à tes côtés, de façon positive et non “grincheuse”. Moi, modestement, notamment.
    Bien à toi et au plaisir d’échanger plus avant. JPL

  • mon avis

    C’est un long texte, on s’y perd, un peu.
    Le choix de ceci ou cela par le tirage au sort n’est pas bon. J’avais proposé le choix par les idées, on m’a répondu : la prochaine fois. La ND est le prolongement du collectif Roosevelt et des ses idées, exclusivement de ses idées.
    Dans mon comité local il y avait une bonne dynamique mais l’imposé parisien a tout gâché (pour les européennes)