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Apartide 2 – Lettre à Jean-Claude

Courant 2013, j’annonçais sous le titre “Apartide” ma démission du MoDem, premier parti politique auquel j’avais adhéré, avant d’être déçu par une promesse de dépassement du clivage droite-gauche jamais satisfaite. Je travaillais à ce moment là à la fondation de Nouvelle Donne qui était annoncée le 28 Novembre 2013 à Paris. Pourtant, après avoir co-présidé Nouvelle Donne pendant 12 mois, je ne renouvellerai pas mon adhésion en 2015 et renonce ainsi à tout engagement politique partidaire.

Ces jours-ci, j’ai reçu un message touchant d’un adhérent qui ne comprenait pas ma position et l’exprimait dans des termes à la fois critiques et mesurés, et dont j’ai apprécié le ton, ainsi que le fond: “En participant au lancement de Nouvelle Donne vous avez pris une grande responsabilité : vous avez donné de l’espoir à de nombreuses personnes comme moi. Et vous ne pouvez vous dégager de cette responsabilité, démissionner de vos fonctions, critiquer sévèrement et irrévocablement le résultat d’une démarche à laquelle vous avez participé.”

Jean-Claude interroge la question  de la responsabilité collective et de la responsabilité personnelle. J’ai tenté d’y répondre, et souhaite partager cette réponse en pensant à tous ceux qui ne comprennent pas que je puisse abandonner la partie après leur avoir donner l’envie de s’y engager. Sans doute ai-je fait l’erreur de leur présenter Nouvelle Donne comme si elle était déjà ce que j’espérais qu’elle devienne. sans doute me suis-je dupé moi-même.

Aujourd’hui, j’ai acquis la certitude que Nouvelle Donne ne pourra pas être ce que j’ai cru cofonder. Comme l’exprimait Frédéric Descrozaille, l’un des 34 cofondateurs, “Nouvelle Donne souffre d’une ambiguïté congénitale qui peut lui être fatale : celle du motif principal de l’adhésion. Combien sommes-nous, adhérents de Nouvelle Donne, à avoir adhéré d’abord et avant tout pour le contenu de la charte, c’est-à-dire pour créer une nouvelle forme d’offre politique focalisée sur un fonctionnement radicalement innovant, sans même présumer de ce que deviendra son contenu programmatique ? Et combien sommes-nous à avoir adhéré d’abord et avant tout aux 20 propositions issues du Collectif Roosevelt et à la réduction du temps de travail”. Et même si comme Frédéric le souligne, ces engagements ne sont pas nécessairement incompatibles, dans les faits, jusqu’ici en tous cas, l’un exclut l’autre.

Effectivement, je ne souhaite pas assumer de responsabilités et m’impliquer dans une organisation qui  ne soit pas en harmonie avec mes convictions personnelles. Cette cohérence est mon bien le plus précieux.

Lettre à Jean-Claude

Bonjour Jean-Claude,

Je vous remercie pour votre message, et j’y réponds car je pense que vous n’avez pas compris mes motivations pour quitter Nouvelle Donne. Je ne les d’ailleurs pas exprimées outre mesure car je n’ai pas l’intention de nuire à quiconque.

Sachez juste que ma déception est certainement à l’image de la vôtre. Je me suis engagé dans la création d’un nouveau parti sur la base de 4 principes, que j’ai annoncé aux autres confondateurs lors de nos réunions de travail préparatoire :

  • que Nouvelle Donne soit le parti de la transition, écologique, économique, démocratique et sociale que j’ai évoquée à Pau lors de la réunion de lancement,
  • que Nouvelle Donne soit le parti de la création et de l’entrepreneuriat, qu’il soit économique, artistique, social ou écologique,

Mais surtout

  • que Nouvelle Donne soit un autre parti politique qui rompe radicalement avec les pratiques anciennes partisanes que vous aussi semblez déplorer,
  • que Nouvelle Donne sache faire vivre une alliance nouvelle entre intellectuels, acteurs de terrain de l’expérimentation sociale et acteurs politiques.

Pour moi, ces deux dernières conditions sont premières, car les deux autres ne pourront exister sans un travail de fond sur la forme de l’engagement. Autant pour les deux premières conditions, la patience est de mise, autant les deux secondes exigent une totale adhésion des dirigeants dès le départ pour entreprendre cette métamorphose du monde politique.

C’est la raison pour laquelle ma principale contribution à Nouvelle Donne fut la rédaction du projet de charte, et l’animation du processus d’écriture collective pour parvenir au document que vous connaissez.

Avant même le lancement de Nouvelle Donne, je voyais nos propres résistances (y compris les miennes) à mettre en œuvre l’exigence à laquelle notre charte nous appelle. C’est normal, et même acceptable. Mais j’ai aussi perçu que nous (cofondateurs), si nous étions en phase dans nos dires généraux, nous n’étions finalement pas tous en phase dans nos actes avec cette exigence. La plupart de ceux qui ont contribué à la charte l’on senti dans les premières semaines et ont quitté le Conseil National dès les premiers mois (Fréderic, Mathieu, Alain par exemple). D’autres ont pris leurs distances, comme les associatifs, les entrepreneurs, et les intellectuels fondateurs et n’ont jamais participé à quelques réunions de travail que ce soit. D’autres enfin ont clamé assez vite qu’il n’était pas adhérents de Nouvelle Donne, même s’ils soutenaient la nécessité d’une métamorphose (Edgar Morin, Cynthia Fleury, Patrick Pelloux…).

Pour ma part, je m’étais donné un an pour agir et évaluer à l’issue de ce temps la suite à donner à mes engagements. Pendant cette année j’ai contribué fidèlement avec toute mon énergie et mes compétences (mes défauts également!). Mais l’année est écoulée, et je constate que l’exigence que je mettais dans la différence à cultiver entre Nouvelle Donne et les autres partis politiques n’est finalement pas pleinement partagée par les autres fondateurs. Des dizaines de faits, qui n’ont pas d’intérêt à être listés ici le montrent. Mais force est de constater que Nouvelle Donne fonctionne parfois avec les mêmes méthodes, que je trouve détestables, que les autres partis politiques que je connais. Nous sommes bien loin des principes d’humanisme que j’essaye de faire mien.

Effectivement, mon opinion personnelle est que Nouvelle Donne n’est pas à la hauteur de ce qu’elle propose et promet. J’en suis personnellement meurtri d’autant plus que je sais avoir contribué à créer une espérance chez ses adhérents, comme vous l’expliqué dans votre lettre. L’amertume qui est la mienne est là. Pas dans quelconques espoirs de postes ou de fonctions. Je suis engagé depuis longtemps pour le non-cumul des mandats, la limitation stricte de leur renouvellement, et l’incompatibilité entre une fonction exécutive dans un parti et un mandat électif. Je n’ai qui plus est pas l’intention de briguer le renouvellement du mien au Conseil Régional d’Aquitaine.

Ma position n’est pas au niveau de votre espérance, et je le conçois. Comprenez, Jean-Claude, que de mon côté, je préfère rester en cohérence personnelle: je ne crois pas à la capacité de Nouvelle Donne à être différente, même en ‘donnant du temps au temps’ car je ne crois plus à la volonté de ses dirigeants de l’être. J’ai acquis cette certitude aussi bien en voyant la manière dont Nouvelle Donne traite la contradiction en interne, que la manière dont elle traite les sollicitations externes qui me font plus penser à la fable du corbeau et du renard qu’à l’exigence d’une métamorphose politique.

Je n’ai pas envie d’être associé plus longtemps à ce que je désapprouve. Cette situation est douloureuse pour moi, mais c’est ma manière de reste cohérent avec moi-même. Je forme le vœux, Jean-Claude, que vous puissiez trouver le lieu où vous vous trouverez en harmonie avec vos convictions.

Avec mon amitié,

Patrick

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20 comments to Apartide 2 – Lettre à Jean-Claude

  • Sélim Bouchareb

    ouais bof ….
    ND n est pas si n est pas ca mais pas d arguments vraiment exposés et valable
    De l’amertume personnelle pour des raisons personnelles je pense.
    De la même manière que je trouve nul/facile de quitter le navire sans essayer de continuer d essayer d améliorer les choses juste quand les adhérents votent les nouveaux statuts .
    Au revoir

    • Chacun est bien sur libre de ses choix.

      Quant à essayer d’améliorer les choses… Tu ne peux pas dire que je n’ai pas essayé en ayant donné 12 mois quasiment à mi-temps à ND. L’avenir dira si je me suis trompé et si ND est capable d’être reellement ce parti différent que je souhaitais. Mais si je quitte aujourd’hui, c’est que je pense que les choix qui auraient permis de l’être non pas été faits. Et en parlant de çela, je ne parle pas des statuts, mais de bien d’autres choix faits (ou plutôt qui n’ont pas ete faits) depuis le départ.

  • Linda Manceau

    Retour à la case départ ….
    Pour ma part, je n’évoquerai pas non plus les statuts mais bien d’autres petits “travers” classiques aux formations politiques ringuardes que j’ai perçu depuis quelque temps et pour lesquels j’avoue manquer de tolérance.
    Quant à essayer d’arranger les choses en interne, je commence à fatiguer, et laisse le soin aux courageux de le faire, en espérant sincèrement qu’ils y arrivent et RAPIDEMENT
    J’y ai rencontré des gens formidables que je continue d’apprécier …
    J’ai retrouvé un lieu d’harmonie …. mon “jardin”

  • l chavanet

    bonjour Patrick

    si ND n’est pas différent des autres partis, après 12 mois de co-construction, des jurys tirés au sort,des membres de comités tirés au sort, plus d’adhérents en un an que Europe Écologie, alors que reste-t-il en France de radicalement nouveau pour barrer la route à Le Pen et Sarkozy ?

    N’eut il pas fallu s’accommoder de quelques divergences en préservant l’essentiel ?

    La charte demande dans son article 16 des propositions alternatives en cas de désaccord. Ma proposition constructive est que les désaccords sur les “choix porteurs de différences” (au delà ce celles que je cite et de celles très nombreuses visibles dans les statuts et la charte) soient affichés par exemple sur le forum ND avec des propositions en face. De sorte que ceux qui heureusement restent puissent en tenir compte, les évaluer, les retenir ou les modifier.

    Cordialement

  • Paul Agius

    Patrick les choses ne sont pas aussi tranchées. Avoir un fonctionnement super consensuel et sociocrate qui débouche sur des projets sociaux non essentiels est une fantaisie de riche. Je suis de ceux qui ne voient de l’intérêt à faire vivre une structure que pour ce qu’elle peut apporter pour aider à remettre les exclus dans le jeu social, faire avancer la transition énergétique et la pratique démocratique. Pour ce qui est des pratiques chacun peut rester modeste, je te signale si personne ne te l’avais dit avant qu’au meeting de mai à Bordeaux ta prestation avait été mal reçue comme celle d’un professionnel de la politique qui se trompait d’adresse (vieille donne?) après les interventions sincères et intéressantes de la plus part des autres (je ne me mets pas dans le lot bien que tu ais pris la peine de contrôler mon texte). Bref je trouve que tu as prétendu lancer ND sur des pratiques certes séduisantes mais impossibles à tenir avec des milliers d’adhérents. Et surtout que tu n’as toi même pas (ou pas réussi à) appliquer à toi même ce que tu exigeait des autres. Et j’attends toujours que l’on puisse en parler face à face même si je suis à tes yeux relativement insignifiant.

    • A te lire Paul, je mesure effectivement le décalage total et l’incompréhension. Ta réponse et mon article sont les illustrations même de ce que Frédéric appelle cette ´ambiguite congenitale’. Ce qui est pour toi secondaire, est pour moi premier, car je crois que rien ne changera si nous ne changeons pas radicalement notre manière nous engager politiquement.

      A te lire je sens aussi l’amertume, égale sans doute à la mienne. Mon regret reste d’avoir ignoré les signes pourtant visibles dès l’été 2013 de ce désaccord, et d’avoir cru que nous le surpasserions avec le temps, alors que, comme le dit très joliment un internaute sur ma page Facebook, nous avons posé une échelle sans s’assurer de la solidité du sol dessous…

  • LATOUR Francis

    Patrick,
    Rien n’est peut-être perdu quant à concevoir et mettre en oeuvre une autre façon de faire de la politique et d’exercer le pouvoir.
    A ta disposition si tu conserves un espoir.

  • Robin ALEXANDRE

    Patrick,

    Comment comprendre un départ dont les arguments s’appuient sur des problèmes au sein de la direction du parti à l’heure où nous allons choisir de nouveaux dirigeants ? N’était-ce pas là l’occasion de faire candidature sur la base de ces arguments ? Ou encore d’avoir un vrai débat sur la question ?
    Depuis quelques temps tes positions sont devenues sibyllines pour moi. Ta campagne pour le NON aux statuts m’a paru étonnante dans la mesure où tu avais pris en charge et démarré le processus de co-construction pour ensuite le quitter en plein envol et enfin le critiquer durement.
    Finalement le plus difficile pour moi est aujourd’hui de savoir quelle valeur donner à tes propos. Étant donné ta place au sein du parti certaines de tes positions et critiques était difficilement recevables ou difficilement compréhensible, faute de faits explicites – c’est le cas encore pour ce dernier billet – pour quelqu’un comme moi qui vis ma vie de militant loin du BN.
    Difficile donc de te faire confiance, difficile de savoir quels sont les problèmes au sein de l’équipe dirigeante, difficile de savoir si il y a vraiment des problèmes ou si ces problèmes ne sont que les tiens.
    Mais peu importe, c’est toujours dommage de voir quelqu’un partir.
    Ceci dit je pense pouvoir dire que nous sommes nombreux à avoir effectivement rejoins Nouvelle Donne sur la base des 20 propositions et par adhésion à la Charte. Et cela ne nous pose pas de problème, d’une part et d’autre part nous pensons être assez nombreux, forts et motivés pour tenir et continuer à faire vivre le parti envers et contre tout, y compris contre sa tête dirigeante si il le fallait.

    Cordialement,

    Robin

  • Didier CALLEMART

    Nous sommes tous dans un vécu de successions de chocs qui sont révélateurs d’un mouvement de fond propre à fracturer la surface des apparences. Je lis ici que le consensus est affaire de riche… riche de quoi ? Riche étant d’emblée opposable à pauvre… mais pauvre de quoi ? Je vois dans ces deux questions ce qui très rapidement m’a écarté des réunions de Nouvelle Donne avec une violence inouïe. Certainement extrait de ma candeur ou de mon richissime confort intérieur, mon attitude bienveillante a tout de suite été par réflexe conditionné, suspectée de manipulation essentiellement axée vers le pouvoir et poussait à laisser se révéler (mise en lumière)des expressions de violences trop longtemps alimentées par des refoulements douloureux. Leçons m’étaient aussitôt données sur le choix de mes mots par trop polis pour être entendus ou trop consensuels pour être écoutés… J’ai écouté Patrick à Bordeaux; ce que j’entendais avait de quoi nourrir mes espoirs les plus grands tout en comprenant qu’il avançait à marche forcée sans que la co-fondation soit bien ancrée sur un projet d’architecture hors-sol. Les plans de base de la “Charte” me convenaient alors suffisamment car ils intégraient toutes et tous dans le choix des briques, de la matière à mettre en œuvre, et des liants à apporter. Mais je voyais déjà dans la salle les barres à mine et les masses, posées à terre d’accord… mais elles étaient là ! Je pense de plus en plus qu’il y des êtres pour rêver la beauté, des architectes qui tente de s’en approcher et des maçons pour proposer une forme. Alors du fond ou de la forme, je ne suis pas assez perspicace pour en connaitre tous les cheminements, mais je prétends que chacun est exactement à la place qu’il doit prendre s’il la choisie mais si cette dernière permettait d’en distinguer une autre, alors, celle-ci devient tout autant justifiée si l’acquisition des compétences est bien transmise. Je lis encore que la même personne se sentant relégué à la condition de qualité négligeable a usé de ce comportement envers moi-même lorsque je voulus lancer le maillage d’information pour Nouvelle Donne Aquitaine. Intimement, je vois le même processus propre au développement des consciences… la conscience est toujours conscience de quelque chose. Et là il y avait ceux qui étaient dans la charte pour la penser à partir d’elle-même et ceux qui s’en saisiraient comme d’un faire-valoir pour tromper le plus grand nombre. Je me sens violent dans mon développement et vous prie de m’en excuser, mais je ne fais que transcrire et transcrire les jaillissements de violence qui furent de mes premières stupeurs ! Je vous souhaite pourtant tout le meilleur auquel vous saurez accéder…

  • Cécile Villain

    Ceci est ma réponse à toutes les questions que les premiers adhérents et constructeurs se posent :-)

    Madame la Ministre,

    Permettez-moi de vous présenter à mon tour mes humbles voeux, d’autant que, dans la nouvelle approche que vous prônez, mes voeux justement vous accompagnent .

    Je partage entièrement votre analyse, et j’appris sincèrement le juste choix des mots dont vous usez, les mesures que vous avez prises, et votre sens de la mesure qui m’apaise. Cela me met du baume au coeur, et je me réjouis de voir la France si belle.

    Ne voyez dans mon mail aucune flatterie, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais bien plutôt la reconnaissance d’une prof heureusement épatée.

    Pourtant, et bien mes collègues soient éminemment respectables, l’Ecole ne pourra pas tout.

    C’est pourquoi je propose une solution complémentaire.

    Pourquoi ne pas généraliser le service civique et l’étendre aux chômeurs ?
    On formerait des groupes de personnes entre 18 et 65 ans dans chaque localité.
    On ferait en sorte que chaque petit groupe soit représentatif de la France (sexe, âge, tendance politique, domaines de compétence différents, actifs et chômeurs, confessions différentes…).
    On prendrait bien garde de ne pas intégrer dans ces groupes des personnes aux pathologies trop lourdes.
    Chaque groupe se réunirait de manière régulière dans une salle de la Mairie de façon à ce que le Maire exerce un regard. Chaque groupe déciderait ensemble d’une action civique à mener en fonction des préoccupations dominantes dans le groupe. L’action, une fois ficelée, serait menée en commun. Rapport serait rendu au Maire à l’issue de l’action.

    Les membres de chaque groupe seraient tenus d’oeuvrer dans la bienveillance et la convivialité. Ils seraient naturellement obligés de s’intéresser à ce qui se passe autour d’eux. La cohésion du pays serait renforcée et une meilleure compréhension des uns et des autres serait astucieusement établie.

    Avec un peu de chance et parce que le Maire les aura invité à le faire, les membres de chaque groupe resteront ensuite en contact, ce qui constituera pour chaque adulte un petit réseau habitué à fonctionner ensemble et en capacité d’ oeuvrer pour le bien commun.

    Madame la Ministre, cette idée m’est venue grâce à ma participation régulière à des réunions du mouvement citoyen Nouvelle Donne. C’est donc Nouvelle Donne, qui vous propose cette idée, portée par ma modeste personne.

    Je vous renouvelle donc mes meilleurs voeux pour 2015. Soyez bien assurée, Madame la Ministre, que l’année sera belle en dépit de la noirceur des événements qui nous ont frappés. Parce que nombre de citoyens ont bien compris les enjeux, et sont décidés à rétablir l’ordre. Je précise : l’ordre républicain, et non l’Ordre Nouveau !

    Excellente année donc !

    Avec tout mon respect,

    Sentiments dévoués,

    Cécile Villain
    professeur d’anglais
    Lycée Diderot à Narbonne

  • MENGUY

    Bonjour,
    Je conçois votre déception , et loin de moi l’idée de la critiquer. Je respecte trop la liberté de chacun pour cela.
    néanmoins , je regrette votre décision. votre compétence lors des journées à Amiens , votre conviction et votre méthode pour la co construction ont beaucoup contribué à mon investissement et ma satisfaction d’être à Nouvelle donne.
    cordialement
    C.MENGUY

  • Guy Morilhat

    “La politique c’est l’art du possible…” Je pense que les bases de Nouvelle Donne, les 20 propositions, vont dans le bon sens et qu’il faut encore les renforcer tous ensemble. Si l’on commence à se séparer au premier malentendu, on ne pourra pas porter un nouveau projet de société avec un système économique, social et environnemental porteur d’avenir et l’on se retrouvera comme après Mai 68 sans programme de remplacement de celui que l’on conteste. Cessons de démissionner avant d’avoir longtemps combattu. Rome ne s’est pas faite en un jour, la Grèce non plus. Un mouvement de fond, avec ses imperfections, voit le jour dans plusieurs lieux de la planète : hier j’étais en Uruguay qui va se doter d’un Président qui a décidé de partager son indemnité avec son peuple… Podémos c’est tout de même mieux que le Front National comme réponse à la politique économique néo libérale d’austérité pour les classes moyennes…
    Patrick, s’il te plaît, ne tue pas l’espoir et la combativité de Stéphane Hessel, Pierre Larrouturou, les membres du Collectif Roosevelt et de Nouvelle Donne ont fait renaître.
    Patrick, reviens !!! Il y a tout ça à la maison !!!!
    Guy

  • Peurois Thierry

    Salut Patrick,

    Je regrette ton départ d’autant plus que tu as été pour beaucoup dans mon entrée en politique. Je voulais te le dire et t’en remercier.
    Pour ma part si j’ai adhéré à Nouvelle Donne c’est clairement pour la Charte et les 20 propositions. Comme tu l’as si bien dit à Darwin, il nous faut cultiver le consentement. Je ne suis pas d’accord à 100 % avec tous les éléments de la Charte et des 20 propositions mais aucun des éléments de désaccord que j’ai ne sont suffisants pour que je me retire / cesse le dialogue.
    Mais je suis conscient comme toi que certains sont là pour les 20 propositions et d’autres pour la Charte. D’autres y sont aussi pour les deux. Je le vois, l’entend, le vie dans les débats. Et heureusement qu’il y a des gens de toutes sortes : ceux qui sont là pour les 20 propositions sont dans l’action, pousse à agir, ceux qui sont pour la Charte pousse à réfléchir et ceux qui sont pour les deux font le lien entre les “actionnistes” et les “réfléchissionnistes” (pardon pour ces vilains mots , j’espère que tu me comprends). Et ma fois, au moins dans la sous commission agricole cela ne fonctionne pas trop mal. En tout cas on avance.
    Au plaisir de te revoir,

    Thierry

  • Véronique Bouffénie

    Patrick,

    Cette réflexion que tu as eue est fondamentale.
    Je suis d’accord avec toi pour dire que les deux dernières conditions que tu poses sont premières.
    Elles le sont aussi pour moi.

    C’est précisément pour cela que je décide de rester membre de Nouvelle Donne, afin de contribuer à imposer ces deux conditions à l’usure, en restant cohérente avec mes idéaux.

    Je te renvoie vers cette page de formation du Collectif Roosevelt (http://www.roosevelt2012.fr/formation) et la citation de Pierre Larrouturou, citant lui-même Jaurès : Alors il faut agir, construire des passerelles, faire bouger les partis, les syndicats, etc. et compter sur les citoyens pour imposer un sursaut. Jaurès disait : « La politique, c’est des choses simples qu’on répète simplement et qui peuvent marcher. Il faut user le doute comme on fatigue la salade. »

    Parce que je suis un brin chipie, je ne me retiens pas de détourner ces mots.

    “Il faut agir, construire des liens, faire grandir la qualité des relations interpersonnelles, donner la parole à chacun pour imposer la communication non violente. Faire de la politique, c’est répéter des choses simples, inlassablement, user la violence et les envies de pouvoir comme on fatigue la salade.”

    Patrick : REVIENS ! S’il te plaît.

    J’ajoute : la façon de faire de la politique aussi.

    Répéter simplement et inlassablement, user les comportements, comme on fatigue la salade.

  • Fort de cette expérience, pourquoi ne pas poser les bases d’un nouveau parti, d’abord en y travaillant en équipe restreinte, genre SCRUM, pour livrer un outil assez simple et fonctionnel, et ensuite en lançant ce parti. Je crois que le processus de co-construction d’un parti déjà existant est une erreur, ne serait-ce qu’à cause de cette ambiguité que tu soulignes.
    Si tu décides de te lancer dans un tel projet, je suis partant pour y contribuer si tu le fais sur la base d’un forum organisé et régulé. Définir ce forum serait donc la première tache à mener à bien pour éviter la foire d’empoigne.

  • mon avis

    vous retournez chez MoDem ?

    • Sûrement pas, pour deux raisons cles:

      – le MoDem est une mystification. Pendant que certains travaillaient a faire émerge une réelle politique alternative au clivage droite-gauche, d’autres continuaient à arrimer le centre à la droite. Les premiers se sont fatigués et sont partis. Les seconds célèbreront leur succès dimanche aux cantonales !

      – sur le fond politique, le MoDem passe complètement à côté de la question de la transition economique, écologique, démocratique qui est centrale.

      Patrick

  • gennaro

    merci encore M BEAUVILLARD JE SUIS HEUREUX DE CONSTATER QUE SANS AVOIR FAIT DE LA POLITIQUE COMME VOUS JE ME SUIS TROUVE TRES VITE DANS VOTRE SITUATION DE FAIRE LE CONSTAT QUE ND NE SERAI PAS DIFFERENT QUE LES AUTRES PARTIS DANS SON FONCTIONNEMENT ET CELA SE VERIFI AVEC LES ALLIANCES POUR LES CANTONALE CERTE ON ME DIRA QU4IL FAUT BIEN TROUVER UN MOYEN DE SE FAIRE CONNAITRE MAIS PAS EN SACRIFIANT NOS CONVICTIONS POUR FACILITER LES ENVIES AMBITIONS DES AUTRES A DES FIN PERSONNELLE AUSSI J4ATTENDRAI ENCORE QUE L4ON M4OFFRE DE VRAIES CONVICTIONS HUMANISTES,EGALITIARE,ENVIRONEMENTAL ET SINCERE AVANT DE M4ENGAGER OFFICIELEMENT ET JE MAINTIENT LE FAIT QUE L’ON PEU PARTIR DE LA BASE ET FAIRE REMONTER AU PLUS HAUT JE VEUX DIRE DE LA COMMUNE A L4ETAT CERTE PAS DU JOUR AU LENDEMAIN
    CORDIALEMENT A VOUS

  • quidam

    je n’ai pas lu tous les commentaires donc peut-être que je répète qch de déjà exprimé qqe part, désolée (pas le temps!):
    en voyant le texte de P.Beauvillard, il me paraît très simple de comprendre un truc de base qui cloche dans la démarche Nouvelle Donne (que j’ai suivie de loin): il y a une confusion – que n’aurait pas faite ND si elle avait ne serait-ce que regardé une seule vidéo de Etienne Chouard, par exemple –
    on ne peut pas espérer changer le fonctionnement de la politique en proposant dans le même mouvement, collés l’un à l’autre, un programme de fond et un programme de forme: autant, dans tout ce qu’on fait de poétique (au plus large sens du terme, dans tous les domaines de la vie) on n’est vivant et vrai qu’en faisant concorder le fond et la forme, pour une “révolution” politique où il s’agit de donner des règles du jeu, les mêmes personnes ne peuvent pas prétendre réformer les relations de pouvoir ET donner le programme de ce qu’ils veulent faire. C’est s’arroger un double rôle, un rôle totalitaire car à la fois constituant et gouvernant. Cet élan très sympathique mais étonnamment naïf de ND était forcément le fait de gens, en fait, très assoiffés de pouvoir – pour d’excellentes raisons et sans doute très candidement, bourrés de bonnes intentions et agissant dans le sentiment d’urgence de notre monde, mais ça n’y change hélas rien – et très peu conscients de ces mécanismes.
    C’est dommage car le temps presse de plus en plus et le fascisme sauvage ou/et le fascisme d’état l’emporteront le jour où cette urgence rendra caduque la conscience de la nécessité qu’il y a à faire une distinction entre le désir de faire quelque chose d’utile et le désir de donner la parole à tous.
    Je propose à ceux qui sont revenus de cette expérience enthousiaste et décevante de participer d’un côté aux mouvements non politiques qui leur parlent, de l’autre à la démarche “de forme” Démocratie Réelle (ou d’autres du même type, de démocratie directe, participative, SANS PROGRAMME!! c’est essentiel pour ne pas se contredire!!)
    Le prochain rendez-vous – donc c’est tout de suite que ça démarre – est fin 2015: listes pour les régionales, selon les nouvelles régions! Former des listes régionalesje n’ai pas lu tous les commentaires donc peut-être que je répète qch de déjà exprimé qqe part, désolée (pas le temps!):
    en voyant le texte de P.Beauvillard, il me paraît très simple de comprendre un truc de base qui cloche dans la démarche Nouvelle Donne (que j’ai suivie de loin): il y a une confusion – que n’aurait pas faite ND si elle avait ne serait-ce que regardé une seule vidéo de Etienne Chouard, par exemple –
    on ne peut pas espérer changer le fonctionnement de la politique en proposant dans le même mouvement, collés l’un à l’autre, un programme de fond et un programme de forme: autant, dans tout ce qu’on fait de poétique (au plus large sens du terme, dans tous les domaines de la vie) on n’est vivant et vrai qu’en faisant concorder le fond et la forme, pour une “révolution” politique où il s’agit de donner des règles du jeu, les mêmes personnes ne peuvent pas prétendre réformer les relations de pouvoir ET donner le programme de ce qu’ils veulent faire. C’est s’arroger un double rôle, un rôle totalitaire car à la fois constituant et gouvernant. Cet élan très sympathique mais étonnamment naïf de ND était forcément le fait de gens, en fait, très assoiffés de pouvoir – pour d’excellentes raisons et sans doute très candidement, bourrés de bonnes intentions et agissant dans le sentiment d’urgence de notre monde, mais ça n’y change hélas rien – et très peu conscients de ces mécanismes.
    C’est dommage car le temps presse de plus en plus et le fascisme sauvage ou/et le fascisme d’état l’emporteront le jour où cette urgence rendra caduque la conscience de la nécessité qu’il y a à faire une distinction entre le désir de faire quelque chose d’utile et le désir de donner la parole à tous.
    Je propose à ceux qui sont revenus de cette expérience enthousiaste et décevante de participer d’un côté aux mouvements non politiques qui leur parlent, de l’autre à la démarche “de forme” Démocratie Réelle (ou d’autres du même type, de démocratie directe, participative, SANS PROGRAMME!! c’est essentiel pour ne pas se contredire!!)
    Le prochain rendez-vous est celui des Régionales en déc 2015, il faut s’y atteler tout de suite!
    Formons des listes régionales de “porte-parole de l’intelligence collective” regroupant des citoyens autant que possible très variés, aux profils très divergents – plus il y a d’éclairages divers sur une situation, plus notre intellligence de la situation et notre imagination de nouvelles propositions peut être vaste – et si possible tirés au sort parmi ceux qui participent à ce mouvement…puisque pour l’instant on ne peut pas tirer au sort n’importe qui!
    A plus!
    et bravo pour votre implication sur le champ politique…pour moi ce qui fait la toute petite et très grande différence c’est de laisser tomber les peurs, pour nous trouver dans une dimension ouverte et non plus dans les jeux de pouvoir et de tensions en tout genre…
    merci pour tout retour

  • […] que deux ans d’existence. Edgar Morin, le chroniqueur à Charlie Hebdo Patrick Pelloux ou encore Patrick Beauvillard, annoncent qu’ils ne voteront pas – ou plus – Nouvelle Donne. Et paf. Plus récent, une […]